La généalogie des Gargotta parle de Jeannette Villepreux-Power

 

 

 

Une famille de naturalistes du XIX siècle :

Les GARGOTTA DI TERMINI IMERESE (a.c.)

 

 

Une branche de l’illustre Gargota de Termini Imerese a été célèbre au XIXe siècle pour avoir suivi avec grande passion le culte du collectionnisme, suivant les pratiques très en vogue de l’époque, pour étudier et pouvoir échanger des idées sur les pièces archéologiques des fossiles, peintures, gravures, camées, monnaies, et les découvertes des espèces naturalistes comme les coquillages vivants, terrestres, fluviaux et maritimes de la Sicile et de l’Etranger, coquillages fossilisés, crustacés, plantes marines, coraux, insectes (surtout le lépidoptère diurne, crépusculaire et nocturne ; coléoptère), minéraux et roches de Sicile, etc.

DECOUVERTES GENEALOGIQUES DES GARGOTTA DI TERMINI IMERESE (a.c.)

La présence des Gargotta (307) à Termini se vérifie jusqu’à la fin du XVIe siècle avec Antonio del Quondam François qui en 1604 fréquentait la chapelle du Saint-Sacrement de l’Eglise « LA MAJORE ONZE » située dans un jardin dans le fief des Brucato, sur les pentes septentrionales du mont S.Calogero (308).

La généalogie de la branche familiale qui a donné naissance à la collection Gargotta a été retrouvée par la suite à l’issue d’une recherche minutieuse dans les archives de la cathédrale de Termini, à partir du 9 janvier 1633, date à laquelle un certain Dominique Gargotta a épousé en première noce Maria Miloldo (309). Dominique, veuf de sa première femme Maria, s’est casé avec une certaine Francesca, veuve de feu Tommaso David le 5 mars 1643 (310). Nait de cette union Antonio qui se marie le 18 septembre 1672 (311) avec Mattea Lo Corso, fille de Girolamo et de feue Domenica.

Onofrio et Gerolamo, fils d’Antonio, sont présents parmi les bienfaiteurs, dans un rôle déposé auprès des Juristes de Termini en 1724-25.

Teresa Gargotto a eu l’occasion de lier amitié avec une autre naturaliste, française de naissance et sicilienne d’adoption, Jeannette Villepreux Power (370) qui a pu voir la collection Gargotta. Elles ont échangé leurs points de vue sur leurs observations scientifiques respectives.

JEANNETTE VILLEPREUX POWER (Juillac département de la Corrèze, au Sud de Limoges, 25 septembre 1794 à 1871) (371), est la première femme naturaliste à faire partie de l’Académie Gionia de Catania (la seconde est notre Teresa Gargotta).

Jeanne Villepreux se marie en 1818 à Messine au noble et richissime marchand anglais James Power et le couple s’établit dans la ville précitée. On doit à Jeanne Villepreux la création de l’aquarium ; en effet, elle est le première chercheuse à avoir inventé et utilisé, en 1832, ce qu’on a appelé « la cage à la Power », un vrai et réel aquarium qu’elle a créé pour étudier la faune marine. Ces aquariums ont trois générations : un de verre pour préserver et étudier les mollusques vivants dans une pièce ; un autre, de verre aussi, pour les petits mollusques, protégés dans une cage externe avec des barreaux dans laquelle ils pouvaient être gardés immergés dans l’eau ce qui lui permettait de les observer ; et un troisième genre de cage, pour les mollusques plus grands, qui a pu être plongée et encrée dans une profondeur déterminée dans la mer, ce qui permettait de la sortir de l’eau pour étudier les mollusques (372). Son observation lui a permis de démontrer avec certitude la sexualité (373) du mollusque céphalopode Argonauta argo Liné (alors que jusqu’ici on croyait arbitrairement qu’ils étaient hermaphrodites comme les mollusques terrestres avec des poumons) et irréfutablement, elle a démontré que le mollusque sortait de sa coquille et ne réutilisait pas celle des autres comme il était affirmé dans certaines études. Jeanne Villepreux Power est donc l’initiatrice de l’Aquarophilie et la première femme chercheuse de la biologie marine.

La chercheuse a parcouru la Sicile recueillant chaque espèce marine. Les fruits de ses recherches ont été répertoriés dans un ouvrage de 250 pages, accompagnées d’un tableau, avec un très long titre : Itinéraire de la Sicile regroupant toutes les espèces de l’histoire naturelle et plusieurs autres de l’antiquité, recherches de Madame Jeannette Power, un des membres de la Société zoologique de Londres, de la société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, de l’Académie Gionia de Catania, de l’Académie de Sciences Lettres et Belles Lettres de Palerme, de l’Académie de la Civetta de Trapani, de l’évolution de l’argonaute, des Zelanti di Aci-éale etc. etc., imprimé à Messina en 1839 à l’imprimerie Fiumara. L’imposante collection naturaliste Villepreux-Power qui comprenait aussi bien des mollusques de l’époque que des fossiles ainsi que des minéraux d’une très grande valeur scientifique, a disparu (dans le naufrage du bateau) durant son transport à Londres en 1838. Le couple Villepreux-Power retourne en France en 1842 et s’installe à Paris. A noter que Jeanne Villepreux Power avait en commun avec Teresa Gargotta les Beaux-Arts ce qui a permis à Jeannette de dessiner ses travaux scientifiques avec des tableaux illustrés méticuleux.

Aux chercheurs déjà cités, qui ont pu voir la collection Gargotta, on peut ajouter une liste de talentueux scientifiques, parmi les étrangers il faut citer M.Melly de Liverpool, le docteur Frédéric Caillaud (Nantes) le minéralogiste et géologue professeur docteur Bernhard Studer (professeur en Minéralogie à l’université de Berne et collaborateur de Escher Von der Linth déjà cité). Parmi les chercheurs italiens il faut rappeler : le professeur docteur Oronzo Gabriele Costa (professeur en zoologie à l’Université de Naples), le docteur Vittore Ghiliani (du musée zoologique de Turin), le malacologue précité le docteur Luigi Benoit (Messine), le grand collectionneur de fossiles et stratigraphe le docteur Bonaventura Gravina di Valsovia (Université de Catania), le chimiste, vulcanologue, minéralogiste, malacologue et paléontologue le docteur professeur Carmelo Maravigna, le paléontologue et malacologiste le docteur Andrea Aradas de Catania, le naturaliste Emanuele Pirajno de Mandralisca (Cefalù), le naturaliste docteur Francesco Minà-Palumbo (Castelbuono).

Teresa Gargotta, s’est intéressée aussi à l’étude des mollusques marins du Golfe de Palerme et a été la Première à découvrir le mollusque CYMBULIA Peron et Lesueur, en 1810.

Après avril 1851, la famille Salinas part pour des raisons de travail à Messina où Teresa meurt le 4 avril 1852. La Gargotta, selon sa biographie anonyme aurait été affiliée à de nombreuses académies réputées scientifiques nationales et internationales. Le biographe anonyme se limite à citer seulement les académies siciliennes Gioenia de Catania (fondée par son Maître Giuseppe Gioni d’Angio) et Zelantea de Acireale. Teresa Gargotta a été une chercheuse appréciée en numismatique (375) et avait une collection de monnaies qui s’est agrandie avec son fils Antonio.

D’elle, il nous reste un beau portrait peint à l’huile sur une toile (le pendant de celui de son mari, une des œuvres du peintre de Messine Michele Panebianco (376)) qui la représente avec ses livres tant aimés, et qui aujourd’hui est au Musée Archéologique Régionale laissé par le fils Antonino Salinas. Le 6 octobre 2004 la plaque commémorative de Teresa Gargotta Salinas, après bien des vicissitudes, mais grâce à l’administration communale et à la communauté ecclésiastique, a trouvé une place digne dans l’église de S.Croce al Monte.

Du couple Teresa Gargotta-Emmanuel Salinas sont nés quatre enfants Antonino, Concettina, Paolino (377) et Guiseppe (378).

Le professeur Antonino Salinas Gargotta né à Palerme le 19 novembre 1841 (379), et jusqu’à l’adolescence a fait preuve d’un grand génie, en se passionnant pour la science et les lettres. Il s’est orienté progressivement vers ces dernières et s’est consacré avec succès à la numismatique, prédilection héritée de sa famille maternelle, et à l’archéologie. En 1858, il fait publier par l’imprimerie Lo Bianco, L’Appendice alla memoria sulle monete punico sicule Dell’abate Gregorio Ugdulena ed esame della stessa. Il a été nommé Professeur spécialisé en archéologie (1865) et ensuite titularisé (1867). Salinas a été également, directeur du Regio Museo Palerme (1873-1914), qui a pris depuis son nom, il a été un des fondateurs de la Societa Siciliana di Storia Patria.